Les 7 majeurs en cyclisme : de l’idée.. à l’abandon au petit matin

Les 7 majeurs en cyclisme : de l’idée.. à l’abandon au petit matin

L’abandon, ou l’échec d’un projet, est souvent plus instructif que sa réussite et est une source de questionnement pour s’améliorer pour la suite. Cet article sur les 7 majeurs en cyclisme essaie de montrer mon cheminement vers cet objectif, l’entrainement, les choix, mais aussi l’abandon et les questions soulevées. En espérant que vous puissiez vous nourrir de ce retour d’expérience pour vous préparer à ce défi cycliste.

Les 7 majeurs, c’est quoi déjà ??

Les 7 majeurs c’est un défi cycliste de 360 km et 10 000 m de dénivelé positif  à réaliser en moins de 24h avec ou sans assistance, sur route ouverte, quand on veut (quand il n’y a plus  de neige sur les cols quoi), du départ que l’on veut (c’est une boucle), reliant 7 cols à plus de 2 000 m d’altitude, dans le sud des Alpes entre France et Italie (les cols : Vars, Izoard, Agnel, Sampeyre, Fauniera, Lombarde, Bonnette).

Toutes les infos, sur le site web de la Confrérie des 7 majeurs.

Le profil des 7 majeurs ©Confrérie des 7 majeurs

L’idée et l’envie de s’y lancer

J’ai débuté  le cyclisme au printemps 2018, au début pour compléter mon entrainement trail et voir ce que cela faisait de gravir les cols de montagne en vélo  « comme au Tour de France ».  Ma pratique du cyclisme est liée à la montagne et l’ascension des cols, rien d’étonnant donc que mes objectifs cyclistes ont toujours été dans l’optique d’enchainer les cols avec à chaque fois une marche de difficulté supplémentaire et toujours ce sentiment de ne pas savoir ce que cela va donner.

En 2018 : Cycl’n trip dans les Hautes-Pyrénées  ✅ : première vraie expérience de cols en montagne, super ! Et si on faisait quelque chose de plus costaud ?

En 2019 : Les cynglés du Ventoux  ✅ : première vraie expérience de grosse sortie en montagne, avec l’ascension du Ventoux par ses 3 côtés en une sortie, super ! Et si on faisait quelque chose de plus costaud ?

En 2020 : Traversé des Pyrénées en vélo ✅ : première vraie expérience d’enchainement sur plusieurs jours de grosses sorties en montagne, super ! Et si on faisait quelque chose de plus costaud ?

En 2021 : Les 7 majeurs  en autonomie ❌ : première vraie expérience d’une TRES longue et TRES grosse sortie en montagne, avec la nuit, le froid et l’autonomie totale à gérer, super compliqué, abandon ! Et si on retentait une prochaine fois ?

L’entrainement

Avant de m’attaquer à ma préparation pour les 7 majeurs, ma plus longue sortie était de 155 km, mon dénivelé le plus important sur une sortie était de 4600m d+ environ et le temps de ma plus longue sortie était autour des 8h.  Les 7 majeurs allaient donc faire voler en éclat tout cela. La préparation devait donc s’adapter en conséquence.

Hiver 2021, je suis plus en mode ski de rando et ski de fond. Nous prévoyons de faire les 7 majeurs vers fin juin. Je remonte sur le vélo assez tard vers fin mars. Ma stratégie est de faire augmenter de plus en plus les kilométrages de mes sorties en cyclisme et de réaliser du fractionné en running. Nous avions décidé aussi de caler un mois avant de faire les 7 majeurs, une grosse sortie cyclisme en se mettant dans les conditions du jour J.

J’étais assez content de ma préparation avec notamment la réalisation de plusieurs sorties de plus de 200 km, la triple ascension du Tourmalet en une matinée, l’entrainement à gravir un col de nuit sur le Hautacam et surtout l’Ardéchoise vélo marathon en mode off. Mais on verra plus tard qu’il manquait certaines choses dans cette préparation.

Les choix stratégiques

Avant  de se lancer dans les 7 majeurs, il y a pas mal de choix stratégiques à faire, qui vont conditionner votre préparation,  votre matériel et votre agenda. Voici sans être exhaustif, certaines questions à répondre et les choix que nous avons fait de notre côté.

  • 24h ou 48 h ?

Le « vrai » 7 majeurs est sur 24h, mais pas mal le font sur 48h pour couper avec une nuit de repos au milieu et se laisser le maximum de chance de  le boucler. En 48h je savais que l’on arriverait à le faire, le défi était vraiment de se confronter à ce parcours en une seule sortie. Go pour les 24h.

  • Autonomie ?

Peut-être la première question à se poser car va conditionner beaucoup d’autres choix en matériel, en temps, en organisation, en ravitaillement. Nous avons fait le choix d’être autonome à 100%, pas de voiture suiveuse, donc prendre tout  le nécessaire avec nous.

  • Le mois ?

Avant juin, pas la peine de tenter, les cols haut en altitude sont encore sous la neige.
Juin : bien vérifier l’état d’ouverture des cols, mois où les jours sont les plus longs et il n’y a pas encore la circulation des vacances
Juillet – août : forte chaleur probable et circulation plus forte
Septembre : journées moins longues, température plus basse, neige possible en altitude suivant les années
Nous avons choisi le 21 juin, le jour de l’équinoxe d’été !

  • La lune ?

La pleine lune vous permettra d’y voir mieux la nuit, on a réussi à caler une date 2 jours après la pleine lune.

  • Le jour ?

Week-end ? semaine ? à vous de voir suivant vos disponibilités. C’est pas mal de prendre plusieurs jours pour avoir différentes fenêtres météo possibles. En semaine c’est aussi plus calme sur les routes de montagne généralement (hors vacances).

  • Quel sens ?

Le classique s’est le sens horaire pour éviter des descentes italiennes sur routes peu entretenues, mais les deux sens sont possibles. On l’a fait dans le sens horaire.

  • Lieu de départ ?

Devant l’office de tourisme de Jausiers pour les puristes, sinon tout autre endroit du parcours est possible. Pour décider, pensez à l’enchainement des cols, à la longue partie en faux plat montant sur la route à forte circulation entre Guillestre et Briançon, vos éventuels points de chute si vous le faites sur 48h, etc ..

  • Heure de départ ?

En fonction de si vous préférez commencer par rouler de nuit ou de jour, en fonction du temps que vous pensez mettre, en fonction de la partie entre Guillestre et Briançon où c’est pas mal d’éviter la circulation, etc.. il vous faudra déterminer l’heure du départ. Nous avions opté pour 17h, ce qui n’a pas été sans conséquences.

  • Durée estimée ?

Ça peut paraitre bizarre, mais de ça va dépendre vos autre choix sur l’heure de départ, vos heures de passage, le matériel à emporter, la gestion de la nuit sur le vélo, etc.. On peut se dire qu’on y va et on verra, mais avoir un ordre d’idée permettra de voir si le rythme est bon ou si on explose en vol.

Carte du parcours des 7 majeurs ©Confrérie des 7 majeurs

Du départ à l’abandon

Le Jour J

Départ de Jausiers le lundi 21 juin à 17h. On est 3 à tenter l’aventure, un quatrième nous accompagne jusqu’au sommet du premier col puis rentre et reste en  back up à Jausiers avec une voiture si besoin.. (ça s’avérera fort utile)

On débute par le col de Vars à 2109 m d’altitude, tout va bien. On craint de prendre la pluie, on ne s’attarde pas. A Guillestre, la jonction jusqu’à Briançon n’est pas la partie la plus sympa mais s’enchaine bien. On fait le plein des gourdes, au milieu de la fête de la musique et des  terrasses pleines, deux styles deux ambiances! On grimpe l’Izoard et la nuit nous rattrape dans l’ascension. Les sensations sont  bonnes. Au sommet, on s’équipe pour la nuit, la température a vite chuté avec la nuit et l’altitude aidant. Xav qui n’était pas en forme et n’arrivant pas à s’alimenter jette l’éponge. Il fait sa descente et sera récupérer à Guillestre par Ludo venu le chercher en voiture (la voiture en back up était une bonne idée).

Avec David on continue, en s’attque au col d’Agnel, avec son sommet à 2744 m. En pleine nuit au sommet il fait 1 degrés, la descente va être froide. Cette longue descente nous enmène en Italie. Au delà du froid, c’est la fatigue que je ressent. Par 3 fois je commence à m’endormir sur le vélo et ce sont les secousses qui me réveillent instantanément. A 50 km/h ça fait bizarre et ça ne rassure pas trop pour la suite. On attaque le col de Sampeyre, petite route pas hyper bien entretenue, l’impression d’être au milieu de nulle part en pleine nuit. L’ascension se fait tant bien que mal, mais je ne vois à aucun moment notre vitesse moyenne (mon compteur est  à l’ancienne  avec  rétro éclairage manuel). A deux tiers de la montée, David qui est plus lucide et qui check notre  allure avec son gps vélo, me dit qu’il a encore une chance de boucler en moins de 24h mais qu’il faut qu’il avance plus vite pour ça et donc qu’il part sans moi. Sur le coup  je n’ai pas trop compris, ne voyant pas notre allure, ça m’a surpris qu’il souhaite  faire ça alors que l’on essayait de boucler ensemble ce défi. Je le laisse partir et continue  ma montée. Je rétro-éclaire mon compteur et là c’est la douche froide. Je vois que la vitesse d’ascension est à peine de 6km/h et commence à comprendre que seul et avec la fatigue ça allait  être compliqué à ce rythme. J’arrive au col en même temps que le soleil se lève, exténué, à m’endormir assis sans m’en apercevoir sur la stèle du col. A ce moment là, j’essaie de réfléchir à ce que je dois faire, sachant qu’arrive une descente sur une route mauvaise et la chaleur qui ne va pas tarder  à être là sur la prochaine ascension. Ma fatigue me fait perdre en clarté d’esprit et de lucidité, sans pouvoir en discuter pour faire le point. Je suis à un peu plus de la moitié du parcours, mais les 3 cols restants me semblent infranchissables dans mon état. Je décide d’arrêter. Je check où je suis, je regarde les possibilités  de rejoindre Jausiers, les trains, les bus… A ce moment David m’appelle, il s’était arrêté quelques km plus bas dans la descente après s’être fait quelques frayeurs en s’endormant sur le vélo. Je le rejoints. Dans ma tête j’ai déjà plié l’affaire, lui pense que je vais repartir avec lui. C’est à ce moment que la lucidité m’a (nous a) manqué.
J’abandonne. Physiquement je vais bien, je n’ai pas mal aux muscles, je ne suis pas essoufflé, niveau alimentation et hydratation c’est aussi ok, mais je suis épuisé de fatigue.  Ma décision est définitive. J’appelle Ludo, on voit une possibilité de se rejoindre. C’est Xav qui assurera ma récupération, je roule 20 km  de plus pour aller vers sa direction. Le retour à été une longue sieste dans la voiture.

David a continué non sans  mal, notamment dans l’autre col italien. Puis en bas de la descente de la Lombarde, une longue attente à Isola pour laisser passer un gros orage. Ludo pour aller le soutenir avait fait la Bonnette puis la descente sur Isola. Ensemble ils ont franchi la Bonnette, puis rallié Jausiers de nuit et frigorifié.  David a boucler le parcours en 28h. Respect !

L'Izoard, début de la nuit
A 2h du mat à 2700m d'altitude .. ©photo Romain Le Pemp

Enseignements

Un abandon n’est jamais facile, que ce soit sur le moment ou après. Plein de choses passent en tête, des doutes, des regrets.. Mais une fois la déception passée et l’acceptation de son vrai niveau le jour J, c’est aussi une bonne occasion de prendre du recul sur ce qu’il s’est passé, ce qui à fonctionné, ce qui a manqué. J’en tire plusieurs enseignements à des niveaux divers.

Je m’étais préparé à pas mal de choses, la distance, le dénivelé, la nuit, le froid, la nutrition, le test du matériel, la durée sur le vélo, mais j’avais occulté la fatigue. Mes entrainements longs, toujours basés sur un départ tôt le matin ont été remis en question avec  un départ  en fin d’après-midi sans réellement avoir pu faire la sieste avant. Cela se paye cash, la fatigue s’est fait sentir beaucoup plus tôt que prévue, accentuée par la nuit et l’horaire tardif. Un départ matinal aurait peut être aussi conduit à l’abandon, mais la non maitrise de la fatigue a été le point noir de ma tentative des 7 majeurs. Elle a usé ma force, mon mental et surtout entrainé des situations délicates en s’endormant sur le vélo.

Un autre aspect qui m’a surpris c’est ma baisse de rythme en montée, mais pour laquelle je ne m’apercevais pas de ma lenteur. Pas de douleur des muscles, mais une perte globale de rythme et de puissance. Si on veut faire les 7 majeurs dans un rythme correct, la baisse moyenne en montée se paye directement sur un parcours si exigeant, long et montant. Monter à une moyenne de 6km/h à la place de 10km/h ne pardonne pas, c’est presque le double de temps pour monter les cols. Là aussi, je m’étais entrainer à grimper des cols, à faire des répétitions, des enchainements, mais surement pas à les faire quand les forces commencent à manquer. Un travail plus spécifique en fractionné sur les cols en cyclisme aurait été judicieux dans mon entraînement. A penser pour une prochaine fois.

Enfin et c’est peut-être le plus gros enseignement pour moi, c’est la perte de lucidité au moment de prendre les décisions. C’est un peu comme si avec mon envie de dormir et  la fatigue de l’effort, lors de prendre la décision d’arrêter je n’avais que quelques cartes en main et le manque de lucidité m’empêchait de poser les différentes options et solutions envisageables. Ce n’est pas anodin cette sensation, car on a l’impression de ne pas contrôler la situation. Comment mieux se préparer à ce genre de chose qui demande de sortir réellement de sa zone de confort pour y arriver. Comment mieux réagir la prochaine fois ou être plus méthodique pour prendre des bonnes décisions rapides dans ces moments-là ? Peut être justement que de l’avoir vécu une fois, donnera l’expérience et la prise de recul nécessaire pour mieux poser  la situation. Peut être que la solution qui sortira  sera la même, mais au moins en ayant éliminé les autres possibilités.

Col de Sampeyre ©photo Romain Le Pemp

La suite

En abandonnant je m’étais dit que je ne retenterai pas les 7 majeurs, mais après quelques jours, c’était clair qu’un jour j’y reviendrai. Avec un entraînement surement différent, avec peut être une autonomie partielle ou au pire sur 48h. J’ai fait la moitié du parcours, mais à part le col de Vars, je n’ai quasiment rien vu de ce superbe parcours et ses paysages.
En 2022, l’objectif se porte plus sur une traversée des Alpes, dans le style de celle des Pyrénées, avec des bonnes étapes, des beaux cols et la bonne ambiance qui va avec.
On regrette toujours d’avoir abandonné, personne n’aime l’échec, pourtant ça a été formateur. Me lancer dans ce défi m’aura permis d’explorer de nouvelles facettes de ma vie de cycliste du dimanche, notamment lors de mes entrainements. Je ne me serai surement pas aventurer sur des entrainements solo à plus de 200 km par sortie, fait l’Ardéchoise vélo marathon en off juste pour s’entrainer, enchainer 3 fois le Tourmalet juste pour faire du dénivelé ou rouler en vélo toute une nuit en pleine montagne sur certains des plus hauts cols de France, etc.. Bref une expérience enrichissante sportivement, mentalement et qui servira pour la suite, quelle que soit l’activité.

J’espère que cet article vous aura donné des envies, que vous avez pu prendre des conseils pour les 7 majeurs et que vous prendrez du plaisir et de la bonne souffrance dans ce périple. N’hésitez pas à poser vos questions en commentaires, ça sera un plaisir de vous répondre.

6 Comments
  • Jeroen
    Posted at 19:25h, 02 avril Répondre

    Chouette récit !

    • Romain
      Posted at 20:27h, 02 avril Répondre

      Merci !

  • Sylvie Monniaux
    Posted at 15:38h, 07 juin Répondre

    Merci pour le retour d’expérience. J’ai bien envie de tenter cette année. L’an dernier, j’ai bouclé 360km pour 9000m de D+ (dans les Pyrénées) en 22h… mais avec une pause pour dormir. Ça risque de ne pas être la même chose sur ce parcours ! Il va falloir que je gère le vélo de nuit, et si j’en crois le récit ci-dessus, ce n’est pas le plus facile.

    • Romain
      Posted at 10:19h, 08 juin Répondre

      Bonjour Sylvie, merci de ton retour. Effectivement la gestion de la nuit, du froid, de la fatigue, des risques … impactent énormément, surtout en le faisant sans assistance, mais c’est une belle aventure. Bon courage pour la tentative !!

      • Sylvie Monniaux
        Posted at 18:59h, 12 juillet Répondre

        Sans assistance, en solo, sans prévenir grand monde de ce projet. Départ un peu avant 20h samedi. Col de Vars à la tombée du jour, descente assez froide. La partie Guillestre-Briançon est un peu longue, surtout de nuit. Heureusement que je connaissais la route (sauf la partie entre St Martin de Queyrières et Briançon) ! Les SAS de départ de l’étape du tour du lendemain étaient fléchés près de la gare. Montée de l’Izoard de nuit (de minuit à 2h le dimanche), et première petite galère d’éclairage (panne de batterie : j’avais un chargeur, mais je n’avais pas pensé à prendre deux éclairages pour utiliser l’un pendant que l’autre se recharge). Au sommet, on n’y voit rien : il y a des travaux, même pas un panneau pour indiquer le col. Descente frigorifique. La montée à Agnel, très belle, mais des travaux à Pierre Grosse me font douter de l’itinéraire ; de nuit, pas facile, j’ai bien perdu 1/2h. Au col au lever du jour. Le revêtement de la descente est toujours aussi pourri, et il fait bien frais. Arrivée frigorifiée à Pontechianale : 2 cafés et un croissant me requinquent (ainsi que le soleil qui se montre). Col de Sampeyre comme prévu, avec des parties de route pleines de trous. Une bonne surprise, quelques portions goudronnées de frais. Même si la descente est en meilleur état, ce n’est pas la panacée non plus. Là, les cuisses commencent à crier un peu. Petit arrêt Coca Cola à Stroppo et c’est reparti pour le col de la Fauneria. Petite interrogation pour le parcours : c’est le col d’Esichie qui est annoncé. Des parties vraiment en mauvais état dans ce col et des petits segments à plus de 15% qui font bien mal. Un petit torrent en bord de route est super pour y tremper les pieds : cryothérapie bienvenue (la température du torrent a dû prendre quelques degrés !). Et surprise au sommet de ce col (j’avais déjà rebâché : coupe vent, manchettes et tour de cou), il faut encore monter 1km1/2 ! Bon, on y est, on y va ! Descente qui n’a rien à envier à celle du col de Sampeyre. Encore un Coca à Demonte. Vinadio, et c’est parti pour la montée du col de la Lombarde. Là, c’est tout dans la tête. De la brume au sommet, et la nuit qui tombe (il est un peu plus de 21h, déjà 25h que je suis partie, le manque de sommeil se fait sentir). Descente sur Isola sur la défensive (encore des galères d’éclairage, et le froid qui saisit). Rien à Isola, je pousse jusqu’à Saint-Étienne-de-Tinée : il est plus de 23h, mais un bar est encore ouvert : 2 Cocas ! Mais que faire ensuite ? Pas de taxi pour me reconduire (avec mon vélo !) à Jausiers : s’il y avait eu cette possibilité, je crois que je n’aurais pas réfléchi trop longtemps. Hors de question de continuer, je suis cuite. L’hôtel du village est fermé. Finalement, je m’installe sur le salon de jardin à l’extérieur de l’hôtel, en essayant de ne pas trop salir les coussins ! Je dors jusqu’à 4h du matin et je repars pour la Bonette. Pas grand monde sur ces routes que je ne connaissais que blindées. J’arrive à 7h1/2 au sommet, au soleil, bien contente d’avoir bouclé ce défi. Mon compteur a rendu l’âme à 3km du sommet de la Bonette (il manque donc un peu de déniv et toute la descente). La descente se passe au mieux, j’arrive à 8h1/4 à Jausiers. Résultat des courses : 360km, plus de 10000m de déniv, 36h1/2 entre le moment du départ et celui d’arrivée, un peu plus de 25h de selle (moi qui n’ai jamais mal aux fesses sur un vélo, je privilégie quand même les coussins aux bancs en bois ce soir !). Il faut quand même avoir un petit grain dans la tête (voire un gros) pour s’infliger cela, mais quelle satisfaction à l’arrivée !

        • Romain
          Posted at 22:15h, 12 juillet Répondre

          Merci Sylvie pour ce témoignage ! Beau périple et belle résistance, bravo !!! Ton récit me replonge dans ma tentative, quel chantier ce parcours quand même

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