Ponçage des cols Pyrénéens entre Hendaye et Cerbère en cyclisme

Ponçage des cols Pyrénéens entre Hendaye et Cerbère en cyclisme

Après vous avoir présenté le parcours de notre traversée des Pyrénées en vélo par les cols dans un précèdent article, place maintenant au récit de notre ponçage des cols pyrénéens.

Prologue, Dimanche 2 août 2020, on est 3 à se rejoindre à Figeac (Ludo, Jean-Claude et moi), puis on récupère le 4ème(David) à Toulouse qui arrive d’Antibes. Le 5ème laron (Xav) nous rejoindra 2 jours plus tard. Nous avons pris le parti d’avoir une voiture et une remorque avec nous durant cette traversée, Ludo n’étant pas certain de pouvoir enchainer toutes les étapes, cela lui permettra de rouler avec nous un peu et de faire certaines parties en voiture. Cela nous permettait aussi de prendre nos affaires de camping, moins onéreux que l’hôtel et surtout plus flexible comme nous n’avions réservé que la première nuit avant de partir. Et puis quitte à avoir une voiture et une remorque pour amener les vélos au départ et les ramener après l’arrivée, nous en avons profité pour prendre avec nous nos parapentes et nos affaires de canyoning, histoire de varier les plaisirs !

Nous avons trouvé en dernière minute un camping abordable et dispo sur la côte basque, début août à Urrugne. On y arrive le dimanche en fin d’après-midi, on s’installe, on prends nos marques avec nos différentes affaires. On va être en mode forain pendant plus d’une semaine à monter et démonter notre campement, alors autant prendre les bons réflexes dès le début. On décide pour le lendemain de tous partir du camping en vélo pour rejoindre le départ officiel de notre traversée, la grande plage d’Hendaye. Cela nous permet d’être ensemble pour le début, Ludo récupérera la voiture ensuite.

Jour J, heure H

Lundi 3 août 2020, départ vers 7h du camping pour faire les 10 km hors parcours pour rejoindre notre départ officiel à Hendaye. Pas la partie la plus sympa, une route assez fréquentée. Du coup pour ne pas trop rester longtemps dessus, j’accélère l’allure sans trop faire attention.  C‘est surement la seule fois où les autres ont eu du mal à me suivre.. J’ai tout misé sur l’effet de surprise, à froid, le premier jour 😉 ..

En arrivant sur la promenade de la plage d’Hendaye, le beau temps, la plage, l’océan, le peu de monde matinal nous pousseraient plus à aller piquer une tête que de commencer notre périple sur deux roues. Mais pour quand même marquer le coup, on trempe les pieds dans l’océan, Ludo nous honore même une démonstration de beachcycling svp !

8h, la plaisanterie est terminée, l’heure est venue d’enfourcher nos bolides sans moteur et de se lancer dans cette première étape pour rejoindre le village de Larrau au cœur des montagnes Basques.

Les premiers tours de roue se font sur la route de la corniche entre Hendaye et Saint-Jean-de Luz. On profite qu’il n’y ait encore peu de voitures pour apprécier la superbe vue sur l’océan et la baie de Saint-Jean de Luz. Puis à Saint-Jean le moment est venu de dire au revoir à l’océan pour attaquer les premiers cols pyrénéens, avec une vue durant plusieurs kilomètres sur la Rhune. Ça me rappelle quelques souvenirs épiques de la skyrhune de 2017 que j’avais eu la chance de courir (et oui c’est une chance car les places sont limitées et beaucoup en veulent. Si vous aimez le skyrunning, je vous la conseille vivement, bonne ambiance assurée !).

Le premier col à être franchi est le col de Saint-Ignace avec à son sommet la gare de départ du train à crémaillère montant à la Rhune. Ce premier col est surtout symbolique car marque véritablement l’entrée dans notre projet d’enchainer les cols pyrénéens, mais on ne va pas se mentir, c’est juste une petite butte à gravir en vrai.. Les kilomètres s’enchainent, nous faisons une petite incursion en Espagne, pour gravir le col Otsondoko assez quelconque, sur une route nationale, puis on s’engage sur une petite route tranquille et sauvage direction le col d’Ispeguy beaucoup plus bucolique. A partir de là on rebascule en France, en passant par les célèbres villages basques de Saint-Etienne-de-Baigorry et Saint-Jean-Pied-de-Port. Que de monde dans ce dernier ! Puis vient le moment après quelques kilomètres dans la campagne d’attaquer le morceau de la journée, l’enchainement des cols de Burdincurutcheta et Bagargui (aussi connu sous le nom de col d’Iraty).

Un petit point linguisto-phonético-cyclo-basque s’impose : bon courage pour vous rappeler le nom des cols et leur enchainement sans avoir à checker sur le téléphone.

Durant tout ce temps Ludo qui nous avait quitté à Saint-Jean-de-Luz avait récupéré voiture et remorque, et nous attendait au pied du col de Burdincurutcheta. Mais comme il était en avance, il avait déjà fait une montée en solo en attendant. Lorsqu’on le rejoint au pied du col, il nous explique qu’il va y avoir un bon mur au début, mais nous pensions vu la typographie de la route que nous venions de parcourir, que ça n’allait pas durer longtemps. Quenini, c’est bien un bon mur sur plusieurs kilomètres que l’on a monté !!

Au sommet du col de burdincurutcheta c’est le brouillard qui nous attend, ce sera la seule fois qu’on l’aura du séjour. Jean-Claude est dans le dur, ça sera aussi la seule fois du séjour !! Il ne fait pas chaud là-haut, on attaque la petite descente pour rejoindre la route du col de Bagargui et le gravir. Col de Bagargui ou d’Iraty, les deux noms sont inscrits au sommet. Une belle descente avec une très belle vue nous conduit à Larrau où nous rejoignons le camping. Il y a des forts pourcentages dans cette descente, la montée par ce côté doit aussi être sympa à faire. Ludo qui au sommet du col avait fait demi-tour, pour récupérer la voiture nous rejoint en ayant eu la bonne idée d’acheter dans une ferme du fromage d’Iraty ! On s’installe au camping de Larrau. Débrief de la journée autour d’une bière basque, point sur l’organisation du lendemain, bon repas où l’on défonce un kg de fromage à 3 et bonne nuit pour être en forme pour la grosse journée suivante.

Euskal Herria
Météo basque

Mardi 4 août 2020, réveil de bonne heure, vers 5h du matin. Gros morceaux devant nous ! Mais pas de bol j’ai dû  manger trop de fromage la veille, je me réveille avec le ventre dans la boîte à gants. Pas le temps de tergiverser, il y a du pain sur la planche. On commence par le col du Soudet pour rejoindre la fin du col de la Pierre Saint-Martin. Une longue balade bucolique qui remonte les célèbres gorges de Kakueta. La partie la plus belle sont les derniers kilomètres, une fois que l’on a passé le col du Soudet  et bifurqué à droite avant la station de la Pierre Saint-Martin. Superbes paysages, avec les troupeaux de vaches et de brebis, au-dessus d’une mer de nuage. Au col de la Pierre-Saint-Martin bien venté, demi-tour, c’était juste un bonus. Retour vers le col du Soudet puis bascule dans une longue descente de l’autre côté pour rejoindre le village d’Arette puis le pied du col de Marie Blanque.

Alors Marie Blanque, comment dire, c’est un col avec deux versants, jusque-là rien d’original, mais dans les deux il y en a un qui grimpe beaucoup, mais beaucoup plus fort que l’autre.  Coup de bol c’est par ce côté que l’on devait passer ! Au début c’est tranquille, on se dit que finalement ça va passer vite et puis arrive les 4 derniers kilomètres et là ce n’est pas la même limonade… nombreux passages à 14% sur plusieurs centaines de mètres. Pour récupérer on est content de voir les passages à 10 % c’est pour dire ! Bref ça n’avance pas vite. Normalement 4 kilomètres ça peu assez vite passer même en montagne, mais là je pense avoir fait presque 10 minutes par kilomètre, 40 longues minutes pour gravir 4 pauvres kilomètres… Ce col de Marie Blanque n’a rien à envier aux célèbres cols Pyrénées connus par-delà nos frontières. Bien content d’arriver au sommet, avant une descente tranquille vers la vallée suivante.

Après une petite pause repas bien méritée où la boulangerie n’était pas radine sur la taille du sandwich, on retrouve Ludo qui était allé récupérer la voiture au camping de Larrau après avoir fait le col de la Pierre Saint-Martin avec nous. Devant nous, le troisième col de la journée. Surement dans le top 3 des cols les plus connus des Pyrénées. L’un des cols mythiques que le Tour emprunte depuis près de 100 ans… c’est l’Aubisque ! Autant dire qu’à ce moment-là de la journée, ce n’est pas une paille de se farcir cette montée. Au début ça allait, puis après avoir dépassé le village des Eaux-Bonnes, gros gros coup de mou pour moi. Du coup une montée à un rythme de sénateur, avec Ludo qui est resté avec moi histoire que je me sente moins seul ! Merci l’ami. Devant JC et David, Père et fils, ont encore un bon coup de pédale, malgré le dénivelé qui s’accumule. On se retrouve au sommet, avec quelques minutes d’écart, chacun ayant pu profiter de la superbe vue des derniers kilomètres.

Au col pas mal de monde dans tous les sens, entre vélo, motos, voitures, moutons.. J’avais déjà fait l’Aubisque via le col des Bordères et le Soulor, par l’autre versant, mais c’était la première pars Laruns, je m’en souviendrai !

Le col suivant, le Soulor, encore un grand nom des cols Pyrénéens est cadeau, il suffit de redescendre 7 kilomètres et d’en monter deux autres pour l’atteindre. Cadeau quoi ! Et oui par ce côté, le Soulor est une formalité, pour le gravir vaut mieux le faire depuis Arbeost ou depuis Argelès-Gazost. C’est par là que Xavier, le 5èmemousquetaire de l’aventure, l’a gravi pour nous y rejoindre depuis Lourdes.

Au col du Soulor, un pti check à Xav, je ne m’attarde pas, je file à Arrens-Marsous en contre bas, la commune est l’un de mes clients, on est en train de refaire la base de loisirs. Je profite de mon passage pour aller voir comment le chantier a avancé et comment les personnes s’approprient les différents jeux mis en place ! Si vous êtes dans le coin, allez-y, elle est très (très) sympa, avec son pumptrack et sa marmotte géante. Puis descente à Argelès-Gazost où je retrouve la troupe. Le lendemain c’est une étape bonus, on va sortir du parcours traversant, pour aller gravir deux cols sans issues mais pas sans interêt. Et comme on a des amis en camping-car pas loin, on va les rejoindre au-dessus de Gèdre. On met tout dans la remorque, après une étape déjà longue, personne n’a pas trop envie de se faire toute la remontée de la vallée entre Argelès-Gazost et Gèdre en vélo.

Niveau mécanique les vélos suivent bien, pas de pépins, par contre c’est le Caddy, notre voiture suiveuse avec la remorque, qui a son embrayage qui montre des signes de fatigue. Questionnement sur la suite, comme toutes nos affaires sont dedans. On continue sans et on essaie de trouver des hôtels ? on le ramène à Toulouse et on prend la voiture de David ?  on continue en faisant gaffe à ne pas trop tirer dessus ? C’est cette solution que l’on choisit. Je vous laisse le suspens pour la suite si ça a tenu ou pas ..

On passe une soirée sympa avec Yo et Marion. Cette nuit on dort à Héas au bord du gave.

Manifestation anti méchoui
OKLM
JC a pris du coffre pendant la montée

Mercredi 5 août 2020, journée bonus ! Journée bonus ne veut pas dire journée de repos, il ne faut pas rigoler quand même, on n’est pas venu acheter du terrain. Réveil matinal comme les autres jours, pour grimper le col des Tentes au-dessus de Gavarnie, redescendre et enchainer ensuite la montée au cirque de Troumouse. Petite étape bonus donc, mais bien optimisée, avec uniquement de la montée et de la descente. Pour cette étape on est les 5 à rouler, pas de voiture à faire suivre.

J’étais monté au col des tentes début juin, personne, pas un chat, plein de marmottes sur la montée. Là par contre, début août, ce n’est pas la même ambiance. Des centaines de camping-car à Gavarnie et sur la montée, des voitures dans tous les sens au col.. Bref, c’est sympa mais moins que quand t’es seul au milieu de ce décor de carte postale avec le sommet du Taillon en fond d’écran et la vue sur le cirque de Gavarnie. L’étape étant  courte, ce matin on prend plus le temps au col pour admirer la vue et  discuter le bout de gras. Puis on redescend et on file vers Troumouse.

Petite interlude, jusqu’à présent  je n’avais pas trop parlé des descentes, seule l’ascension du col est belle et héroïque. Pourtant à chaque col, il y a une descente qui suit, donc sur le périple on en a fait  quelques-unes, ça leur valait bien un petit paragraphe. Et bien les descentes c’est aussi quelque chose !! Autant à la montée on avait tous le même rythme à peu près, autant en descente ce n’était pas le cas et ça fusait devant, JC et David en tête. J’étais volontier la voiture balai. En descente notamment en montagne, il faut gérer la trajectoire sur des route  sinueuses, la vitesse, les nids de poules et autres bouses de vache, les voitures et camping-car en sens inverse, les parties mouillées, les zones où l’on passe de la lumière à l’ombre et inversement, tout ça sans trop faire chauffer les freins… Bref, comme on dit en trail, les courses se gagnent dans les montées mais se perdent dans les descentes. Mais les descentes peuvent être aussi un bon moment pour apprécier le paysage et se décontracter en ralentissant un peu.

La montée vers le cirque de Troumouse se fait bien, pas beaucoup de circulation de ce côté, c’est beaucoup plus sauvage. Quelques kilomètres avant l’arrivée, cela devient interdit aux voitures, les personnes montent en petit train ou plutôt en petit tracteur. Pour les cyclistes, c’est autorisé de monter, avec une arrivée en plein cœur du cirque de  Troumouse pour un bain de soleil mérité avant une rapide redescente et une baignade revigorante dans le gave.

Comme vous l’avez compris, pour faire cette étape bonus, on a dévié du parcours, mais en tant que commissaire de course officiel (pompeux comme titre? non..), je tenais absolument que l’on reprenne ensuite le lendemain le parcours là où on l’avait laissé la veille. Une traversée, c’est une traversée, donc si on accepte de sauter même que 20 kilomètres et la traversée tombe à l’eau, donc comme tout bon commissaire de course, tolérance zéro. Du coup on revient à Argeles-Gazost. Et comme l’étape était courte aujourd’hui, on a le temps d’aller se faire un petit vol en parapente depuis le col de Couraduque. JC non fait la navette, 4 beaux décollages suivant, on se retrouve à l’atterrissage. Si c’est pas une belle journée bonus ça ! Chacun prépare ses affaires pour le lendemain, histoire de gagner un peu de temps de sommeil. Nuit dans un camping à Argelès-Gazost.

Il y en a un qui est perché
Les jeux du cirque

Jeudi 6 août, réveil vers 5h (ça devient une habitude), la météo annonce une journée chaude. Même en se réveillant tôt, avec l’option de dormir en camping, ça met du temps avant de pouvoir être prêt à partir. Chaque matin en plus de se préparer et de petit déjeuner, on doit ranger nos affaires dans les sacs, plier les tentes, les chaises, la table, le réchaud et toutes les merdouilles, tout mettre dans la remorque.. Bref, chaque matin c’est environ 1h15/1h30 pour être prêt à partir.

On attaque un peu avant 6h30, en prenant soin de passer là où on s’était arrêté l’avant-veille. Direction un col mythique (et oui encore), le Tourmalet. Une remontée de la vallée jusqu’à Luz Saint-Sauveur à un (trop) bon rythme, JC a du feu dans les pattes, puis débute l’ascension. Je le connais bien ce col par ce versant pour l’avoir fait souvent en vélo, pas de grosses difficultés et comme on est le matin, à la fraiche, sans trop de voiture, ce sera une partie de plaisir ! Pour cette journée Nico, un pote d’un pote de David en vacances dans le coin se joint à nous, plus on est de fou plus on rit ! La montée est tranquille, le soleil se lève petit à petit, on voit le pic du midi et l’observatoire. En mode tranquille mais serein, pas mal aux jambes, top.. dans le dernier kilomètres on se tire la bourre en mode Thibault Pinot sur le Tour 2019.  Comme deux ans auparavant durant le cycl’n trip, David prend la pose roue dans la roue du géant du Tourmalet, mais cette fois sans le mercier. Ludo s’embête moins et fait directement le passager clandestin.

Longue descente jusqu’à Sainte-Marie de Campan, puis bifurcation vers le col d’Aspin. Connaissant déjà ce col d’Aspin et en tant que traceur du parcours et directeur de course, j’ai pris soin de faire passer la troupe par la Hourquette d’Ancizan plutôt que par l’Aspin. Cela faisait un moment que je voulais la découvrir et je n’ai pas été déçu. Ce col fait partie de mon top 3 de cette traversée pour son paysage et  son ambiance montagnarde. La montée n’est pas compliquée et est beaucoup plus sympa que celle de l’Aspin situé à quelques kilomètres. On ne remerciera pas le co***** avec sa clio estate rouge d’avoir failli nous percuter durant la montée pour gagner 2 secondes sur son parcours. Ambiance pastorale avec vache sur les bas côté et  âne du sommet pour souhaiter la bienvenue.

On bascule vers la vallée d’Aure, direction  Saint-Lary Soulan. La suite du programme de la journée était à l’origine un col bonus, donc pas obligatoire pour la traversée, il s’agissait du col de Porte, ouvert aux vélo pour le Tour de France il y a peu, au-dessus  de Saint-Lary-Soulan. Sauf qu’avec la canicule et l’anticipation de la journée du lendemain où 6 cols nous attendaient, on a préféré ne pas faire le col de Porte et faire le col d’Azet que l’on aurait dû faire le lendemain matin. Nous ne dormirons donc plus à Saint-Lary mais à Loudenvielle. C’est l’avantage d’être en camping, comme on n’avait encore rien réservé, c’est facile de s’adapter. Après une bonne pause fraicheur à Saint-Lary, nous grimpons le col d’Azet sous 34° à l’ombre, se rafraichissant dans toutes les fontaines et lavoirs sur la montée. Les moindres passages à l’ombre sur le bord des routes est exploité pour s’exposer le moins au soleil. En l’air pas mal de parapentistes profitent des conditions pour enrouler les thermiques et se balader le long des sommets. Pas mécontent d’arriver en haut de ce col d’Azet. La fin de l’étape est une belle descente vers Loudenvielle. Sur cette étape, nous avons fait du saute mouton de 4 vallées différentes des Hautes-Pyrénées.

Après s’être  installé au camping de Génos et s’être un peu reposé, direction l’aire d’atterrisage de parapente au lac de Genos pour sentir l’ambiance et  prendre quelques informations. Après quelques minutes à regarder les parapentistes se poser en mode aéroport de Roissy, on décide de se faire un petit vol du soir en décollant des pistes de la station de Peyragude. Air calme, soleil couchant, belles couleurs, atterrissages comme à la parade, encore une belle journée dans les Pyrénées.

Serge et Bernard
Il a enfin trouvé un vélo à sa taille !
Gruppetto
Deux ânes
Repos des guerriers

Vendredi 7 août, histoire de bien débuter cette longue journée, qui nous emmènera en Ariège en passant par la Haute-Garonne avec  5 cols à la clé, on débute par le col de Peyresourde. A 6h30 il fait déjà quelques 18 degrés, la journée va être chaude. Le col de Peyresourde est monté sans trop de difficulté. Ludo nous chante les louanges des fameuses crêpes du restaurant du col, mais à cette heure-ci tout est fermé.. Heureusement pour nous car la route est encore longue! Au col, qui marque la frontière entre Hautes-Pyrénées et Haute-Garonne, au bascule direction Bagnere de Luchon

Après avoir traversé Luchon, on grimpe le col du Portillon. Toute la montée est dans les arbres, pas un col hyper beau par ce côté. Seul fait notable de cette monté, est le lancer de vélo par Ludo. Et oui, quand tu fais tomber quelque chose sur la route en fouillant dans tes poches arrières, pourquoi descendre  le ramasser et repartir tranquillement, alors que tu peux joliment le lancer par terre et dérégler par la même le dérailleur, tout ça en plein col et en pleine traversée des Pyrénées. Autant dire que le dérailleur ne sert pas à grand chose 😉 !  Au sommet, c’est la frontière franco-espagnole. Deuxième incursion en Espagne du parcours. On descend donc côté Val d’Aran où l’ambiance est différente et le paysage plus sympa. Arrivée à Bossost en bas dans la vallée, il faut redescendre toute la fin du Val d’Aran par une route assez fréquentée pour rejoindre la France et Saint-Beat pour attaquer le col de Mentet.

Col assez long, où la chaleur commence à arriver.  C’est le troisième de la journée et il en reste deux. On commence à être à court d’eau (on avait pourtant rechargé à Saint-Beat) et ici on est un peu au milieu de nulle part, heureusement sur la descente des locaux sympa nous remplissent nos gourdes. Le col suivant, celui du Portet-d’Aspet se fait tranquillement, dans la forêt. On passe devant le monument de Fabio Cassartelli, coureur du Tour de France, mort après une chute dans cette descente en 1995.  Au col du Portet-d’Aspet instant fraicheur dans le lavoir. On rejoint le département de l’Ariège, avec l’impression de rouler dans un four. Après une grosse bambée sur profil descendant on arrive à Castillon en Couserans où une grosse pause avec sieste à l’ombre s’impose.

Après s’être restauré et avoir dormi un peu, vient le moment  des doutes. La première fois depuis le départ. Le sujet en question est qu’il nous reste le Port de la Core à franchir pour rejoindre Seix. 17 km de montée, 900 m de dénivelé positif avec 36 ° à l’ombre pour grimper ce col. Xavier, qui avait fait avec nous les deux premiers cols avant de repartir chercher la voiture nous rejoint. On fait le point, on étudie les options, faire le col dans l’aprem, le faire le soir, rester là et repartir le lendemain.. Chacun y va de son idée pour trouver une solution. On fait de tour du groupe pour voir comment chacun se sent sur le moment, comment il pense se sentir dans l’effort sous le cagnard. Bref, après quelques hésitations et l’envie de David de repartir, on décide de partir, il est 15h.  La température ne baissait presque pas jusqu’à 20h, donc cela ne servait pas d’attendre et on était tous motivé sachant que Xav nous ferait des ravitos fraicheur durant la montée. Au final, montée impeccable, belle vue au sommet, plutôt content de nous quand même.  S’en suit une longue descente vers Seix pour rejoindre le camping du soir à Oust et une baignade dans la rivière.

C'est devant qu'il faut regarder
Balnéo
Même pas chaud

Depuis le début, je passe rapidement sur les soirs et matin en mode “installation et nuit au camping” ou “départ de bonne heure”, mais ce dont on se rend compte au fur et à mesure du parcours, ce n’est pas d’être sur le vélo qui nous fatigue et demande le plus d’effort, mais de monter et démonter notre campement tous les jours. Autant l’installation en fin d’après midi se fait relativement bien et vite, autant le rangement le matin au réveil dans la nuit, la fraicheur et la rosée demande plus d’effort et de motivation.

A chaque arrivée au camping (déjà il faut trouver un camping, mais nous n’avons pas eu trop de mal à chaque fois), une fois passées les formalités administratives vient le moment de l’installation. A force, c’est un peu comme quand un cirque s’installe, ils savent qu’ils doivent laisser de la place pour le chapiteau, les caravanes etc.. nous c’est un peu pareil (à moindre échelle bien entendu). Ludo dormant dans sa voiture, il faut  trouver un endroit plat  pour celle-ci et que la remorque puisse être facilement accessible, sinon on la dételle. Après on a 4 tentes à installer où chacun cherche aussi du plat et pas trop de racines en dessous, tout en laissant la place pour mettre la table et les chaises au centre. Une fois que tout ça est a peu près calé, chacun met son bordel dans sa tente. On fait sécher les affaires, on grignote un bout pour le goûter.. Généralement on arrive en début  / milieu d’après midi, ce qui nous laisse du temps, pour une sieste, du parapente, se baigner.. tout dépend du lieu. On a rapidement pris l’habitude aussi de préparer les affaires du lendemain, notamment les boissons énergétiques maison et ravitaillements, histoire de gagner du temps. Le soir, le repas c’est généralement des pâtes, agrémenté de fromages, sauce ou légumes. Chacun regagne sa tente vers 23h environ pour un réveil à 5h du matin.
Le matin, ça pique, il faut prendre son petit déjeuner, ranger toutes ses affaires, plier la tente, tout ranger dans la remorque et se mettre en tenue de cyclisme. Tout ça à la fraiche et avec un peu de rosée histoire de simplifier le tout. A cinq, mine de rien ça prend vite du temps et il faut être à peu près synchro. Au final le matin, on met à chaque fois au moins 1h15 entre le réveil et  le départ en vélo.

A plat pour dormir
Camping 6, sans Patrick Chirac
Motivation..

Samedi 8 août ce matin c’est grasse matinée … ou pas ! Départ aux aurores avec au programme un bel enchainement de cols ariégeois. Latrape, Agnès, Lers et plateau de Beille ! Oui Monsieur !! On est d’ailleurs sur une partie de la célèbre cyclosportive l’Ariègeoise.

Durant la montée du premier col, en checkant mon compte en banque sur mon tel, et oui on a le temps de s’occuper en pédalant, je découvre que je me suis fait pirater ma carte bancaire. Ça m’a mis un coup de boost dans les jambes avec l’énervement, du coup ce col de Latrape a été vite monté. Descente vers Aulus les Bains pour s’engager sur la montée du col d’Agnes. Et là attention les yeux, au fur et à mesure, le paysage se dégage avec une vue sur les hauts sommets ariégeois. L’un des plus beaux cols surement de cette traversée. On bascule vers l’étang du port de Lers avant rapidement d’atteindre le port de Lers. Ici aussi, la nature est reine, magnifique.

Le moment est venu d’entamer une longue descente jusqu’à Auzat puis Tarascon. Tout le long de cette descente, une grosse pensée pour Alain, qui a façonné le développement de cette vallée et des sports de pleine nature. C’est lui qui a été entre autres à l’origine du Marathon du Montcalm il y a plus de 30 ans, superbe course de montagne, qui part d’Auzat, gravie le Montcalm et la Pique d’Estat, avant de redescendre à Auzat. Je l’ai faite en 2017, cette course est superbement bien organisée, le décor est sublime et le tracé très casse patte !! Alain a été l’un de mes mentors professionnels, je luis dois beaucoup dans mon parcours.

On finit la descente et on arrive à Tarascon sur Ariège et là, surprise, le panneau de la route des cols que l’on voit régulièrement depuis le début de notre périple, indique de prendre la nationale 20 afin de pouvoir rejoindre le pied de la montée du plateau de Beille au village Les Cabannes. Pour vous faire le schéma, vous êtes sur une nationale avec soit une voie à 80 km/h soit 2X2 voies à 110 km/h,  point de passage entre Toulouse et Andorre. Autant vous dire que vous avez l’impression de pédaler sur une autoroute. En regardant Maps plus tard, on a vu que l’on aurait pu l’éviter en faisant un détour par l’autre rive de l’Ariège, donc je vous conseille vivement cette alternative. Nous arrivons à Les Cabannes, pour une mini pose avant d’attaquer le bonus de la journée, le plateau de Beille en aller-retour. 18 km de montée, 1250 m de dénivelé, 35 degrés, c’est bonus, c’est cadeau !

Le premier tiers de la montée, ça va. Les deux autres tiers ça ne va plus pour moi. Au radar complet, une énorme douleur aux fesses à cause des frottements répétés, de l’humidité avec l’eau que l’on se verse dessus, bref ça n’avance pas. Ludo nous fait l’assistance et le ravitaillement en eau dans cette montée, heureusement sinon ça aurait été très compliqué ! Les mètres ne passent pas vite.. l’impression de ne pas avancer. Tant bien que mal, j’avance, mais c’est long, c’est long.. A 3 km avant l’arrivée je vois descendre Ludo en vélo, il avait  posé la voiture au sommet et venait m’épauler et me soutenir moralement pour la fin de l’ascension. Quelques minutes après c’est JC qui vient également, puis Xavier… bon David fait son crevard, il est en croix au col 😉 Je dois dire que ça a été un beau moment de solidarité d’être redescendu pour m’aider à gravir les derniers kilomètres. Merci les gars, un beau moment de notre périple que je n’oublierai pas. Par contre, la douleur aux fesses non plus je ne l’oublierai pas, ça empirait, la descente fut très douloureuse, impossible de poser mon séant sur la selle.

Aux Cabannes on se restaure et repose un peu en attendant que le camping ouvre. J’en profite pour acheter des plaquettes de disques, les miennes étant mal en point. Arrivé au camping d’Albiès, opération réparation d’abord des bobos fessiers et du vélo ensuite. Petite  remarque au passage, sur les quelques 1000 km de traversée, niveau mécanique, uniquement 2 plaquettes et une chaîne de changées, zéro crevaison, zéro casse. En voyant l’état de mes fesses et la douleur juste en m’asseyant sur la selle, le doute s’installe pour le lendemain et mes chances d’atteindre la Méditerranée. La soirée et la nuit seront déterminantes pour me soigner et décider le lendemain matin. Le lendemain on devait initialement attaquer par 10 km sur la nationale pour rejoindre Ax les Thermes et bifurquer. Après notre expérience de la journée sur cette même route nationale, nous avons décidé de changer d’itinéraire pour passer sur des petites routes parallèles, quitte à faire plus de km et  de dénivelé.

Popeye !!
Ariège
Merci

Dimanche 9 août, ça va un peu mieux. La pommade a fait un peu d’effet. Je me tartine en plus de vaseline dans le cuissard et garde le tube avec moi. D’autres propose l’idée de s’arrêter dans une boucherie pour m’acheter une escalope, mais la crème et la vaseline m’ont épargné ce test. Notre nouvel itinéraire nous fait passer par des petites routes à flanc de colline, puis sur la route panoramique. Nous décidons de passer par le col de Marmare puis du Chioula pour ensuite récupérer la route du col de Pailhères.

Dans la montée vers Pailhères, ça se tire la bourre, chacun à un moment est en première position au grès des fulgurances et des coups de mou. Pour pas rendre l’article trop long et soporifique, bien entendu je ne vous ai pas fait le détail de toutes les montées, sinon il aurait fallu écrire un livre. Mais comme vous pouvez l’imaginer, dans chaque montée même si on ne fait ni une course, ni un chrono, il y a toujours le challenge de celui qui va arriver en tête là-haut. JC, même en étant le doyen du groupe a un sacré coup de pédale et ne s’est pas laissé dépasser. Quand ça couiné à l’arrière, c’est souvent que c’est lui qui faisait le rythme à l’avant. Son entrainement minutieux des derniers mois ont fait mouche. David, malgré le développement de son pédalier qui ferait rougir les sprinteurs a été bon le salaud. Xav, en mode poids plume a fait des ravages, ne laissant pas beaucoup chance à ceux qui dépassent les 60 kg sur la balance.. Ludo, c’est  l’inattendu, c’est la pantalonnade de cette traversée, le flibustier sur deux roues. Le type à cause d’un mal de dos récurent avait  grosso modo fait 3 sorties d’entrainement durant les 5 mois avant d’attaquer la traversée des Pyrénées. Ne pensant pas réussir à nous suivre, on avait décidé de prendre  la voiture avec nous qu’il pourrait  prendre si il souhaitait ne pas faire des étapes. Et là durant 8 jours contre toute  attente, le type est en canne puissance 4, il n’a pas mal au dos et se permet dans presque chaque ascension de placer des attaques en mode Pantani. Dans chaque col on avait droit à au moins une fulgurance… ok c’était des pétards mouillés, mais ça vous met 100 m dans la vue avant  même que vous ayez le temps de comprendre. De mon côté, c’était plus le PMU tiercé quinté plus, en mode toujours placé jamais gagnant.

Arrive le col de Pailhères assez élevé en altitude, avec de nombreux chevaux qui nous attendaient, enfin ils attendaient surtout  Ludo. Petite pause bien méritée. Descente vers le département de l’Aude. De là à commencé la traversée d’un No mans land, entre Mijanes et le col de Jau qui marque l’entrée dans les Pyrénées Orientales. 40 km de traversée des Pyrénées Audoises, avec une ambiance comme si le temps s’était  arrêté il y a des dizaines d’années. On ne croise presque personne, la vallée est assez encaissée, les routes désertiques pour passer les cols des Moulis et de Garabeil, avec en plus le ciel qui s’assombrissait et l’orage qui pointait. On est plus ici dans le piémont que dans la montagne comme le matin ou les jours précédents.

On arrive au col de Jau sans  avoir pris l’orage, on avale une crêpe, et attaquons la descente à travers les villages des Pyrénées-Orientales : Mosset, Molitg, Cattlar, Eus. Bel enchainement de jolis petits villages. On rejoint ensuite le bas de vallée, un bout de route Nationale nous attend où on affole les compteurs (merci David pour le train) pour ne pas trop trainer sur cette route très passante et roulante. moi qui roule souvent seul pour m’entrainer, j’aurai découvert ce qu’était de rouler en groupe à vitesse élevée, avec les roues à touche touche. Ce soir on ne va pas au camping mais chez un ami. Cette opportunité  de débuter la dernière étape depuis chez lui a fait pencher la balance pour faire notre parcours dans ce sens là,  de l’Atlantique à la Méditerrannée et non l’inverse. Cette fois-ci on installe notre campement mais on sait que le lendemain matin, il n’y aura pas besoin de le démonter !! Merci Manjaré et Manue pour l’hospitalité et la fraicheur des bières.

L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux ... ou pas
T'as vu mon pouce
Instant carte postale

Lundi 10 août, dernier jour, du coup comme on n’a pas à démonter le campement comme on revient le soir, on se réveille plus tard, puis on traine, si bien que c’est le jour où on a le moins de chose à ranger que l’on part le plus tard.. Objectifs du jour, Cerbère et la Méditerranée ! A oui j’oubliais, la veille JC nous avait fait part de son souhait de passer par la Tour Madeloc, dans l’arrière-pays de Collioure. Sans trop regarder plus que ça on valide, un col de plus ou de moins, ça ne sera pas la mer Méditerranée à boire. C’est partie pour les cols de Sainte-Margherite et du Fourtu à travers les contreforts du Canigò (très belle course de montagne d’ailleurs que je vous recommande de vivement). Puis descente et traversée de vignes.

Nous arrivons à Argelès-sur-Mer et rejoignons la route qui monte sur les flancs de la côte Vermeille. On commence à apercevoir la Tour Madeloc, perchée à 650 m d’altitude. On franchit le col de Molo, puis on contourne la Tour pour aller chercher la route qui même à son pied où les voitures s’arrêtent et les piétons font les 1,5 derniers kilomètres. 1,5 kilomètres, pourquoi ne pas les faire en vélo, le chemin est assez goudronné malgré des gravillons, ça devrait le faire. On attaque et commence les forts pourcentages, le but est de ne pas mettre le pieds à terre, sinon impossible de repartir. Certains piétons n’en reviennent pas de nous voir monter ces fortes pentes en vélo et nous encourage. Puis vient de moment où une dame nous dit que le plus dur reste encore à faire et que ça va encore plus monter.. Moment d’hésitation, on se dit d’abord qu’elle plaisante… et bien non, ça grimpe encore plus fort. Au maximum la pente atteint les 20%. Heureusement un moment de replat nous permet de faire quelques tours de roues sans forcer, toujours sans poser le pied au sol, avant d’attaquer la dernière montée qui nous conduit au pied de la Tour. Ouf, on a tous réussi ! Ça a été notre dernier col de notre traversée, mais il nous aura piqué les cuisses et affolé le cardio celui-là.

Descente vers Banyuls puis route de la corniche jusqu’à Cerbère. Sur cette dernière partie, avec  la vue sur la méditerranée, on prend le temps d’apprécier, de se congratuler, on réalise qu’on a réussi à faire notre traversée des Pyrénées par les cols en vélo !  On arrive à la plage de Cerbère, comme à celle d’Hendaye, on immortalise ce moment les pieds dans l’eau.

A Hendaye à 8h du matin une semaine avant, on n’avait pas pu se baigner (même si l’envie était la), à Cerbère on ne se prive pas de piquer une tête bien méritée en parlant déjà des prochains défis… les 7 majeurs ou la traversée des Alpes ?

On y va ou on retourne à Hendaye ??
A l'assault de la Tour Madeloc
Jusqu'au bout

Epilogue, le lendemain on est allé faire du canyoning !

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